Résumé Bref
L'interview explore les raisons pour lesquelles les sociétés musulmanes sont à la traîne par rapport aux standards modernes en matière de droits et de libertés. L'auteur du livre "L'islam contre la modernité" explique la genèse de son ouvrage, motivée par un intérêt personnel et une volonté de comprendre les singularités du monde musulman. Il aborde des sujets tels que la violence, la xénophobie, l'homophobie, l'antisémitisme et la misogynie, soulignant le manque de curiosité intellectuelle du monde musulman envers les autres cultures, le négationnisme concernant l'histoire coloniale et l'esclavage, et l'illusion d'un islam libéral.
- Les sociétés musulmanes sont à la traîne en matière de standards modernes.
- Le monde musulman affiche des niveaux élevés de violence, de xénophobie et d'intolérance.
- Il existe un manque de curiosité intellectuelle et un négationnisme historique.
Genèse et motivations de l'auteur
L'auteur, issu d'une famille musulmane des Comores, explique qu'il s'est éloigné de la religion à l'âge de 18 ans. Plus tard, il a ressenti le besoin de comprendre les dysfonctionnements du monde dont ses parents sont issus, ce qui a motivé son livre. Il souligne que de nombreuses personnes issues de l'immigration post-coloniale s'intéressent aux raisons de l'exil de leurs ancêtres. Son livre est le résultat de cinq années de travail visant à comprendre les singularités qui distinguent le monde musulman des autres aires culturelles, notamment des niveaux élevés de violence et d'intolérance.
Spécificités du monde musulman
Bien qu'il existe des différences entre les pays musulmans, la religion musulmane constitue un dénominateur commun qui justifie de considérer le monde musulman comme une entité. Cette entité se distingue par des anomalies politiques, notamment une quantité disproportionnée de régimes autoritaires où la liberté et l'égalité sont inexistantes. Les sociétés musulmanes se situent généralement dans la moitié inférieure des classements sur l'égalité hommes-femmes et abritent la majorité des minorités confessionnelles les plus discriminées et persécutées. De plus, elles sont surreprésentées dans les pays en conflit armé et parmi les organisations terroristes.
L'histoire revisitée de l'Islam
L'auteur remet en question l'historiographie musulmane qui présente l'islam comme né dans un Orient arriéré. Il souligne que l'islam s'est approprié des régions riches en histoire et en civilisation, telles que la Mésopotamie, la Perse, la Syrie et l'Égypte. Les musulmans ont bénéficié de technologies avancées, comme la fabrication du papier, mais ont délaissé des aspects importants de la culture antique, notamment l'histoire et la philosophie politique. Ce désintérêt a entretenu un profond désintérêt pour l'histoire des sociétés pré-islamiques, ce qui a conduit à une vision biaisée de l'impact de l'islam sur les populations conquises.
Xénophobie et manque de curiosité intellectuelle
L'auteur met en évidence une asymétrie frappante entre l'Orient et l'Occident en matière de curiosité intellectuelle. Alors que les Européens ont manifesté un intérêt pour les langues et les cultures orientales dès le Moyen-Âge, les musulmans ont longtemps refusé d'apprendre les langues occidentales. Cette xénophobie historique, alimentée par un sentiment de supériorité et des préjugés religieux, se manifeste encore aujourd'hui par une fermeture à l'altérité et des problèmes d'intégration dans les sociétés occidentales. Des études montrent que le monde arabe traduit beaucoup moins de livres que d'autres régions du monde.
Négationnisme de l'histoire coloniale et de l'esclavage
L'auteur dénonce le négationnisme du monde musulman concernant l'histoire coloniale et l'esclavage. Il rappelle que les musulmans ont également été de grands conquérants et que les traites négrières sont une invention de l'islam. Contrairement à l'Occident, il n'y a jamais eu en terre d'islam de mouvement abolitionniste comparable. L'abolition de l'esclavage a été principalement imposée par les puissances impériales occidentales. Les courants indigénistes et post-coloniaux sont peu enclins à rappeler ce versant de l'histoire coloniale.
Pertinence des constats dans un monde globalisé
Malgré l'influence occidentale et l'expérience moderne, les sociétés musulmanes restent à la traîne par rapport aux standards modernes. Elles sont surreprésentées parmi les régimes autoritaires et affichent des niveaux élevés de misogynie, d'homophobie et d'antisémitisme. La contribution du monde musulman au progrès humain n'est pas à la hauteur de son poids démographique. Cette situation d'infériorité est déplorée par les musulmans depuis des siècles, mais les bonnes conclusions sont rarement tirées.
L'illusion d'un islam libéral et la nécessité de l'apostasie
L'auteur ne croit pas en un islam libéral, considérant les textes fondateurs de l'islam comme un condensé de violence et de haine. Il estime que toute tentative de fonder une société viable sur de telles traditions est illusoire. Bien qu'il reconnaisse l'existence de réformateurs courageux, il pense que les musulmans modernes doivent leur urbanité en dépit de leur religion. Il plaide en faveur de l'apostasie et d'une approche radicalement rationaliste de l'islam, similaire à celle des philosophes critiques envers le christianisme. Il considère que la France est trop indulgente envers l'islam et qu'il est nécessaire d'appliquer les mêmes standards qu'à d'autres religions.
L'apostasie et la condition des musulmans en France
L'auteur est conscient que sa défense de l'apostasie peut blesser les Français musulmans, mais il estime qu'il est important de les traiter comme des adultes capables d'entendre un discours critique. Il espère que les musulmans sont davantage scandalisés par les crimes commis en leur nom que par la dénonciation de ces crimes. Il souligne les niveaux élevés de désaffiliation religieuse en Iran, malgré la dictature théocratique, et appelle à exploiter les espaces de liberté en Occident pour exposer les musulmans à un discours critique et scientifique. Il souhaite que l'éducation nationale enseigne une approche plus rationnelle et scientifique du fait islamique.
Christianisme vs Lumières : quel rempart contre l'islam ?
L'auteur rejette l'idée que la rechristianisation pourrait être une solution à la place vacante laissée par la déchristianisation. Il préfère vivre dans une société de culture chrétienne, mais il est difficile de démontrer la véracité du christianisme. De plus, l'histoire montre que la chrétienté a souvent battu en retraite face à l'islam. Il estime que les idées révolutionnaires et les idéologies laïques, libérales et progressistes ont davantage ébranlé le monde musulman que 1400 ans de chrétienté. Il croit davantage au pouvoir de Voltaire et de Diderot pour lutter contre l'islamisation qu'à celui de Saint-Thomas d'Aquin.

